Interview france boxe
L’Équipe technique régionale (ETR), au sein d’un comité régional de boxe, revêt une importance capitale pour le bon fonctionnement de la discipline. Deux cadres techniques, Stéphane Raynaud et Mehdi Nichane, expliquent le rôle de l’ETR au sein des comités régionaux d’Aquitaine et du Nord-Pas-de-Calais.
Tout cela pour dire qu’il faut être un technicien reconnu et avoir de l’expérience pour devenir membre de cette équipe. Il faut également être disponible car le temps passé vient en complément du temps passé dans les clubs respectifs et pendant les week-ends de compétition. Le brevet d’État, ou un diplôme équivalent, est également un critère pour intégrer l’ETR. Mais au sein de celle du Nord-Pas-de-Calais, il y a des membres qui ne l’ont pas mais qui sont légitimes par leur expérience, leur motivation et leurs compétences car le diplôme ne fait pas tout.
En quoi l’ETR est-elle utile pour votre comité ?
Mehdi Nichane : L’objectif de l’ETR est tout simplement de mettre en œuvre la politique fédérale et, éventuellement, sa déclinaison régionale. S’il n’y a pas d’ETR, le maillon n’existera pas entre les instances fédérales et les clubs. D’où l’importance de s’appuyer sur une équipe de techniciens compétents et reconnus, validés par notre présidente de comité.
En quoi l’ETR est-elle utile pour votre comité ?
Stéphane Raynaud : C’est la cheville ouvrière du projet associatif régional aquitain. Elle permet de concrétiser le programme annuel du comité. L’ETR met en place sur le terrain et de façon concrète les actions et décisions (stages, formations, rencontres inter-comités, tournois…). Elle permet de démultiplier l’action du cadre d’État mis à disposition et d’enrichir la permanence et la compétence à l’intention des licenciés.
Avec quelles personnes cette ETR peut-elle être constituée ?
Mehdi Nichane : La logique veut que les membres soient des personnes reconnues pour leurs compétences dans les différents domaines d’intervention.
L’ETR se décline globalement en trois champs d’intervention différents :
- Le perfectionnement sportif et l’accès au haut niveau.
Une certaine expérience de l’entraînement au haut niveau est nécessaire. - La formation des différents acteurs de la discipline.
Ce volet comprend à la fois la formation continue des entraîneurs mais aussi des officiels ainsi que la formation initiale des OFBEA.
Il s’agit ici de tabler davantage sur des compétences de formateur. - Le troisième registre d’intervention concerne le développement qui demande des compétences en matière d’animation et de promotion de la discipline.
Avec quelles personnes cette ETR peut-elle être constituée ?
Stéphane Raynaud : En Aquitaine, nous avons cinq critères pour recruter et mettre en place un membre de l’ETR :
- La disponibilité.
- La fiabilité.
- La compétence.
- L’identification et le soutien au projet régional et non à son club.
- Le maillage géographique de tout le territoire.
En quoi l’ETR peut-elle aider à la structuration du comité régional ?
Mehdi Nichane : Cette équipe permet de mettre en œuvre sur le terrain, de manière concrète, la politique fédérale. Plus largement, le fait d’avoir une ETR mettant en place un plan d’actions défini par le cadre et les élus permet d’avoir une meilleure visibilité et des rapports plus conséquents avec nos partenaires institutionnels (DRJSCS et Conseil régional), via notamment le CNDS. Outre cet aspect purement institutionnel, l’ETR permet aussi de mettre du lien entre les différents acteurs et de créer une véritable dynamique régionale. Au sein de mon ETR, les membres proviennent des quatre coins de la région, et sont des relais au niveau des entraîneurs de clubs.
En quoi l’ETR peut-elle aider à la structuration du comité régional ?
Stéphane Raynaud : Elle est permanente, elle s’inscrit dans la durée et la continuité des actions. Les membres permanents de l’ETR ne font pas du one shot mais du one way. Les actions qu’elle mène visent à associer un maximum de clubs et de publics compte tenu de la provenance géographique et de la compétence spécifique de chaque membre. Par son travail et sa disponibilité, l’ETR permet aux élus d’exercer leur rôle politique sans se soucier de la réalisation technique, celle-ci étant assurée par l’ETR et son coordonnateur.
L’ETR est le thermomètre et le baromètre qui indiquent comment est ressentie sur le terrain la mise en place de la politique en Aquitaine.
Quel est le rôle du Conseiller technique national (CTN) / régional (CTR) au sein de l’ETR ?
Mehdi Nichane : La première étape est de créer l’ETR. Il faut procéder à une opération de séduction afin de faire adhérer ces personnes au projet tout en évacuant la question financière. Ensuite, nous nous efforçons de reprendre la politique fédérale et de mettre en place notre plan d’actions, en fonction de nos moyens. Par exemple, nous travaillons actuellement sur un projet intitulé « Les espoirs de la boxe en région Nord-Pas-de-Calais ». Il concerne le perfectionnement technique de jeunes boxeurs et consiste à les regrouper deux fois par mois tout en leur proposant d’autres actions connexes (suivi médical, participation à des rencontres interrégionales voire internationales). Grâce à ce projet, nous nous sommes rapprochés du Conseil régional et la boxe fait partie des cinq disciplines qui sont suivies dans le cadre du dispositif « L’aide à la performance des jeunes ».
En clair, tous les clubs qui obtiennent un résultat significatif lors du critérium national cadet ou des championnats nationaux juniors bénéficient de subventions à condition de remplir un dossier. Mon rôle est donc de mettre en place le plan d’actions, de coordonner mon équipe, d’être une force de propositions pour nos élus et d’être sur le terrain pour pouvoir accompagner mes collègues.
Quel est le rôle du Conseiller technique national (CTN) / régional (CTR) au sein de l’ETR ?
Stéphane Raynaud :Mon rôle de CTN coordonnateur ETR d’Aquitaine consiste à :
Créer et recruter ses membres permanents.
Faire valider l’équipe par les instances élues car nous devons travailler en synergie avec elles.
L’animer et la mobiliser.
La former.
L’évaluer.
Mon rôle, c’est aussi de mettre du liant dans la mécanique de fonctionnement et surtout de ne pas faire obstacle aux énergies que chacun peut apporter. J’accompagne et je soutiens les décisions pour les rendre les plus collectives possibles et je valorise chaque membre de l’ETR à chaque fois que cela est possible. Je remercie d’ailleurs chacun d’eux pour l’aide précieuse qu’ils apportent à tout le comité régional aquitain.
La rédaction de France Boxe